LES MAJORS SERAIENT-ILS DEVENUS RAISONNABLES '?

Aux Etats-Unis, les Majors (les grandes maisons de disques) se sont enfin résignés à baisser le prix de vente des compact disc de l’ordre de 30 %. Le piratage des œuvres musicales, en constante augmentation est à l’origine de cette mesure prise à contre cœur par les industriels du disque.

En effet, le téléchargement des morceaux musicaux, mis à disposition par les particuliers. via des sites internet et la plus simple mais vieille technique de duplication intégrale des CD, ont contraint les industriels à revoir leurs prétentions de profits excessifs.

L'entreprise Universal, leader en France dans ce secteur, va probablement elle aussi abdiquer et ré,viser ses prix à la baisse en rognant sur ses marges.

Depuis sa création, vers les années 90, le compact disc était vendu environ 20 euros. Soit 130 francs à l'époque. Aujourd'hui, son prix n'a pratiquement pas changé. Scandaleux !

Comme toutes entreprises dynamiques, les maisons de disques, font elles aussi, des efforts constants de productivité, qui passent notamment par la rationalisation des outils de travail. Elles n’ont jamais en dix ans, répercuté aux consommateurs les gains ainsi réalisés. La seule vraie baisse effective appliquée est celle de la T.V.A. lorsque le gouvernement en a réduit le taux...

Un CD pressé vaut environ deux euros, voire moins. Si l'on compte les droits d'auteurs versés à la S.A.C.E.M, la marge des circuits de distribution, les royalties versées aux interprètes, et les probables rétributions effectués aux autres acteurs de la chaîne du disque, la plus grande part des profits revient aux Majors. Difficile de présenter des données chiffrées tant les informations sur le sujet sont opaques et confidentielles.

Si le mouvement baissier constaté aux Etats-Unis est tangible, il n'est pas sûr qu'en France, il se répercute aussi vite.

Depuis le temps que les Majors s'enrichissaient démesurément, il aura fallu observer une chute importante des ventes de CD, pour qu'elles changent de politique commerciale et s'obligent à réduire leurs marges.

Mais demain, les maisons de disques devront s'adapter à une autre évolution du marché ; la vente en ligne de morceaux payants. Cette nouvelle forme d'achat par téléchargement, présente un avantage énorme : tout un chacun pourra, grâce à cette technique, graver ou stoker les morceaux de son choix, faisant abstraction de ceux non désirés, que les maisons de disques nous imposent sur le support traditionnel.

Les ventes de CD continueront donc à décroître, comme probablement les profits confortables….
Qu-on ne s’y trompe pas, les œuvres sont piratées uniquement parce que le prix de vente des CD est exorbitant. Qu'ils soient musicaux ou qu'ils contiennent un logiciel d-une manière plus générale, les prix de ces supports doivent être réduits de moitié, voire plus. Quand ils le deviendront, la tendance à la copie diminuera, car ne soyons pas hypocrites, qui n’a pas un jour acheté, parce que pas trop chers, des logiciels installés sur son ordinateur ?
Une fois le retour sur l’investissement assuré, on ne peut pas vendre indéfiniment au prix fort des logiciels ou des
compilations musicales, depuis bien longtemps amortis.
Mêmes effets pour
les titres téléchargés : le prix devra rester attractif, faute de quoi le piratage subsistera, sachant que les irréductibles du « tout gratuit » seront inévitables.

La seule façon d'inciter les personnes à acheter un produit original est donc de pratiquer des prix raisonnables. Les industriels du disque et les concepteurs de logiciels doivent en prendre conscience. C’est leur intérêt...

Enfin, pour étayer mon argumentation relative aux profits démesurés réalisés par les Majors, est-il normal que les rééditions des oeuvres intégrales de Brassens, Brel, Ferré, les Beatles et demain bien d’autres, quand ils seront morts, soient vendues plus de 20 euros ?

Les œuvres rentabilisées depuis bien longtemps, vont générer à nouveau, les mêmes profits qu'il y a 20 ou 30 ans ! Qui en profite pour l'essentiel ? Pas les auteurs ou interprètes, puisqu'ils sont morts, Leurs descendants ? J'en doute...


C. HOMBERT
Octobre 2003