LA FIN DU DICTATEUR SANGUINAIRE

La vie est parfois injuste. Eh oui ! Amin Dada. l'ancien tyran sanguinaire de l’Ouganda, ce pays de 24 millions d'habitants, enclavé à l'Est de l'Afrique, vient de s'éteindre en Arabie Saoudite, où il s’était réfugié.
Injuste parce que cet ancien champion de boxe, devenu dictateur violent de ce pays d'Afrique, ne sera
jamais jugé par les hommes pour tous les crimes qu'il a commis.
Il est parvenu au pouvoir, en renversant par la force le président démocratiquement élu, parti à l'étranger en voyage officiel. Mégalomane et orgueilleux, Amin Dada s'était proclamé Président de l'Ouganda à vie ! Impensable dans nos pays démocratiques !

Très vite, les extravagances du nouveau président et ses accès de violence apparaissent. En 1972, il décrète une guerre économique contre la communauté indo-pakistanaise, qui représente pour une partie non négligeable les commerçants et les industriels du pays. Il en expulse 80000 ! Cette mesure a pour conséquence la désintégration de l'économie de son pays.

Pendant ses huit années de dictature, dans les années 70, il dirige le pays d'une main de fer et en véritable despote, faisant régner la terreur, la répression, et répandant la corruption.

Il n’hésite pas à faire disparaître ses opposants politiques. Selon les informations de certains observateurs, ses exactions auront fait
entre 100000 et 3000,00 victimes, pour la plupart torturées.

On raconte que des centaines de corps ont été découverts, flottants sur le Nil, obstruant les conduites d'une. centrale électrique...

Un autre épisode de sa démence : la prise d’otages à Entebbe. Sa compromission avec le commando palestinien du F.P.L.P, qui détourna en 1976 un avion d'Air France sur l'aéroport d'Entebee, lui vaudra de sérieuses inimitiés en Occident. Il n'était nullement contrarié de garder sur son territoire les passagers israéliens retenus de force. II aura, fallu pour débloquer la situation, une audacieuse opération commando militaire de Tsahal, pour libérer les otages.

Amin Dada affirmera par la suite avoir tenté de négocier une solution pacifique, mais personne n'était dupe, de nombreux indices montrèrent qu'il approuvait l'action des terroristes.

Emule d’Hitler, sa violence et ses extravagances dérangent très sérieusement la communauté internationale. Il était devenu l'un des plus incroyables dictateurs sanguinaires, avec Bokassa, que le continent africain ait connu depuis l‘indépendance.

Dépassant largement le quintal, celui qui s'est lui-même surnommé Dada (grand papa) ne survivra pas à la corruption et la gabegie qui plomberont l'économie ougandaise, ainsi qu'à ses ambitions territoriales.

Heureusement, les mauvaises choses ont toujours une fin : son règne meurtrier en Ouganda s'achèvera huit ans après son intronisation. Comme tous les dictateurs africains, il sera lui aussi renversé. Amin Dada, converti à l’Islam, s'enfuira en Libye, avant du passer en Irak, puis de s'établir définitivement en Arabie Saoudite.

Rejoint par l'une de ses épouses et 22 de ses enfants, l’ex-dictateur déchu, vivait depuis dans une luxueuse propriété de Djedda, avec chauffeurs, cuisiniers et employés de maison, payés par le royaume wahhabite...

Difficile de trouver des qualificatifs pour ces tyrans qui meurent en général dans l'indifférence et dans l’impunité. Ils ne passent pratiquement jamais devant un tribunal. Diplomatie oblige… Pourtant ils ne méritent aucune condescendance, aucune rémission...

Les dictateurs s'accrochent jusqu’au bout à leur pouvoir, enfermés dans leur aliénation et leurs utopies les plus démentes.

Ce degré de démence et de folie ne se soigne que par un traitement radical : la peine de mort !
Elle est venue naturellement : il est mort en Arabie sur son lit d’hôpital dans la plus grande indifférence. Qui va hérité de son immense fortune ?


C . HOMBERT
Septembre 2003