LE CANNABIS, UN NOUVEAU GERME DE VIOLENCE ROUTIERE

Après la vitesse et l'alcool qui tuent, voici le cannabis, qui lui aussi commence à produire des effets dévastateurs en matière de violence routière.On constate aujourd'hui. que certains conducteurs utilisent leur véhicule, sous l’emprise de la drogue, notamment du cannabis !L'alcool au volant était déjà un fléau, mais si l'on n'y prend garde, le cannabis risque de l'être tout autant. L'absorption de drogues, aussi douces soient-elles, annihile, comme l'alcool, les réflexes et la perception des choses. Cette altération des sens est l'une des causes essentielles qui provoque des accidents de la route.
Le plus récent vient de réveiller nos consciences : un jeune homme de 22 ans a renversé et tué une fillette de 9 ans. Les analyses effectuées lors de la prise de sang, ont révélé qu'il avait consommé du cannabis, La sentence de la justice a été lourde : deux ans de prison ferme !
La violence routière, déjà insupportable, devient intolérable. Si le laxisme dont ont fait preuve les différents gouvernements persiste, ce ne seront plus 8000 personnes qui perdront la vie tous les ans, mais bien davantage, car il va falloir prendre en compte maintenant, ce nouveau germe de violence routière provoqué par la drogue.
On ne peut rester indifférent devant l'hécatombe routière, accepter une dérive fataliste et de camper sur nos certitudes. L’accident, ce n'est pas qu'aux autres qu’il arrive.
Ces comportements doivent être dénoncés et énergiquement sanctionnés.Un automobiliste qui circule tranquillement sur une route, n'est pas à l'abri d'un accident commis par un irresponsable ou un dément. Accident qui peut avoir pour lui des conséquences catastrophiques, voire funestes. Il ne se passe pas une journée sans qu'une voiture, soudainement se déporte, pour venir s'encastrer dans celle qui arrive en face d'elle. Les dégâts matériels et humains sont terribles.Il n'y a pratiquement jamais de rémission : le choc est trop violent pour que le « percuté » s'en sorte. Soit il décède instantanément, soit il devient infirme pour le restant de ses jours. Dans ce cas, commence alors l'insupportable calvaire : végéter toute sa vie dans une chaise roulante. Mais ce calvaire est aussi celui de son entourage, les membres de sa famille...Sil la fatigue est parfois invoquée dans ce genre de collision, c'est essentiellement l'excès de vitesse, ou un taux d’alcoolémie élevé, qui provoquent ces graves accidents.Lors de sa campagne électorale pour les élections présidentielles, Jacques Chirac avait fait de la violence routière, un chantier à entreprendre tout au long de son quinquennat pour diminuer le nombre d’accident. Il a estimé qu'une prise de conscience nationale devait être nationale.Je veux bien le croire, mais, si les intentions sont sincères, je reste néanmoins réservé. Il faut savoir qu'il y a vingt ans, Pierre Maurois, Premier Ministre, promettait de réduire de moitié le nombre de morts sur nos routes. Récemment, Jean-Claude Gayssot, ministre des transports du gouvernement Jospin, promettait lui aussi de réduire d'une manière significative le nombre de tués sur les routes.Il avait mis en place des mesures répressives pour atteindre son objectif. Les statistiques sont toujours aussi éloquentes : le nombre de morts sur les routes n’a pas fléchi, alors qu'en Angleterre, pour une population équivalente, il est à moitié moindre...Le chef de l'état a confirmé lors du Mondial de l'automobile fin septembre, son intention de faire la guerre aux chauffeurs qui consomment du cannabis et autres substances hallucinogènes.
Quelles mesures seront prises une fois pour toutes pour faire régresser ce fléau ?

Le législateur devrait prochainement étudier une proposition de l'U.M.P, dont la teneur du texte tendrait à réprimer encore plus sévèrement la drogue au volant. Et reconnaître également comme délit, la consommation de drogue par un conducteur. Le constat d'une telle infraction entraînerait des conséquences pénales.
Attendons, mais de nouvelles mesures, encore plus répressives, comme l'augmentation des amendes, le retrait de points ou du
permis, ne changeront pas grand chose.

Pourtant. les infrastructures routières qui s'améliorent d'année en année et les nouvelles technologies qui améliorent la conduite, devraient faire diminuer le nombre d'accidents. Etrange paradoxe, il se stabilise. Plus les voitures sont fiables et pourvues d'équipements de haute sécurité (air-gags, frein ABS, habitacle pratiquement indéformable,...), plus le conducteur se sent rassuré. Il roule donc sans retenue.
Près du chez moi, une rocade. très sinueuse a été inaugurée en 99 . Ce magnifique tronçon a remporté le ruban d'Or des
meilleures routes l'année de sa construction.

Larges courbes, virages relevés, sens de circulation unique, signalisation parfaite, glissières de sécurité à droite, mur de béton
séparant les chaussées, bref, tous les dispositifs pour rouler en toute sécurité et limiter le nombre accident. Eh bien non ! Depuis son inauguration, le nombre d’accidents est tel, qu'on appelle cette rocade le Ruban de la Mort ! Véritable circuit automobile, où la vitesse est limitée à 110 km/h, certains automobilistes se croient sur le circuit du Mans. Il ne se passe pas une semaine, sans qu'un grave accident fasse l'objet d'un article dans la presse locale.

Des solutions radicales et dissuasives devraient être mises en place.

Pourquoi ne pas disposer aux endroits visibles des épaves, accompagnées d'un panneau sur lequel on pourrait y lire les circonstances de l'accident survenu à cet endroit ? Que dans le véhicule « exposé », une personne a été décapitée, qu'une autre est devenue paralysée, prise en charge par la Société, qu'une autre a été atteinte de surdité ou de cécité...
Une autre solution : passer à la place des spots publicitaires vantant les mérites des véhicules, des films retraçant la nouvelle
existence des grands accidentés de la route, hospitalisés à Garches…

En clair, montrer les conséquences tragiques des accidents, provoqués par l'inconscience ou l'imbécillité humaine.
Personne ne prônera ces solutions, mais je suis convaincu que la prise de conscience collective ne peut naître que par la vue
d' images percutantes et brutales, présentant ces calamités.


C. HOMBERT
Octobre 202