LA POLITIQUE EST-ELLE UNE SCIENCE OU UN ART ?

La politique est-elle une passion ou un art ? Ce fut l'un des sujets proposés en juin 2002 aux candidats à l'épreuve du bac de philo. Voilà une question passionnante, sujet à débat, Les adultes qui ont passé la quarantaine, n'ont pas le même regard, la même distance ou appréciation des choses que les adolescents. En effet, depuis de nombreuses années, trop habitués aux déclarations d'intentions et aux promesses autant superficielles que fallacieuses des politiciens, les « quadra », ont forcément une approche de la politique différente des adolescents.

Ce n'est pas par hasard, si la méfiance des citoyens à l'égard de la classe politique se traduit, lors de chaque élection, par un désintérêt de la chose.
Ceci étant dit, la politique est plus une science qu'un art. Bien qu'ils ne sortent pas tous de cette la
prestigieuse école, qu'est Science Po, certains dirigeants ont fréquenté cet établissement. Outre l'enseignement qu'il dispense sur l'histoire, les sciences sociales, la gestion budgétaire, le droit..., il enseigne la politique aux futurs grands commis de l’Etat et bien entendu, aux hommes qui projettent de devenir politiciens.

Mais d'autres, sortent également d'écoles non moins illustres : Polytechnique, E.N.A... Si à
proprement parlé, elles ne forment pas à la fonction politique, elles y contribuent et servent de tremplin à la vocation. La politique est donc bien une science enseignée, comme d'autres matières. Mais heureusement, tous nos technocrates de la fonction, ne fréquentent pas ces grandes écoles pour réussir. Il y a beaucoup d'autodidactes qui apprennent le métier ailleurs que sur les bancs de l'école : sur le terrain.

C'est sur celui-ci que l'on apprend la dure réalité des choses, que l'on est confronté aux problèmes
quotidiens de tout un chacun. C'est sur le terrain que l'on essaie de comprendre les difficultés d'autrui. C'est une autre école que celle de Science Po.

Pour faire de la politique, il faut avoir en outre certaines qualités : être diplomate, posséder des
talents de négociateur, être habile, avoir de l'assurance, et être un tantinet bonimenteur ou esbroufeur.

Ce n'est pas tout. Le plus difficile reste à faire : apprendre à recevoir des coups de ses adversaires et
à lui en rendre. Avoir la volonté et le courage d'écouter et d'affronter des salariés qui protestent pour la défense de leur emploi, soutenir par le verbe des opposants qui militent pour des causes parfois perdues d'avance. Cela fait partie des vertus que doivent posséder les hommes politiques. Sur le terrain, être confronté aux réalités des citoyens, recevoir en pleine face les invectives ou les agressions orales de manifestants, est parfois à la limite du tolérable. Il faut savoir dans ces circonstances, rester stoïque, courtois et accepter le débat, tout en défendant ses convictions.

Autre aspect des choses ; organiser et assurer des campagnes électorales. Ce travail fait parti
des obligations d'un candidat dont il doit s'initier. Aller vers les gens, arpenter les marchés, fréquenter les bistrots pour faire connaître son programme, répondre aux questions parfois embarrassantes en donnant des arguments qui ne vont pas forcément dans le sens souhaité par l'intervenant. Ce n'est pas toujours une sinécure quand les récriminations sont parfois justifiées. Il existe des écoles de communication qui enseignent la maîtrise du sujet

Mais si la politique est une science, elle est aussi, à un degré moindre, un art. Les qualités de
diplomate et de négociateur ne s’apprennent pas forcément : elles sont innées chez l'individu. On ne peut que les développer. L'art se traduit également chez les personnes dans le comportement, le charisme, l'éloquence et la rhétorique. Ces dispositions sont naturelles. Bien savoir s'exprimer, si possible avec volubilité, est une qualité indispensable et essentielle, mais éluder les questions st un art qui se forge.

La politique est donc bien, une science qui, associée à l'art, donne un pouvoir redoutable. Pouvoir,
qui est remis sans cesse en question. Heureusement.


C. HOMBERT
Août 2002