LES CHAMPIONS DU MONDE...DE LA PUBLICITE

Les Brésiliens ont lavé l’affront subi il y 4 ans devant les Français, lors de la finale de la coupe du monde de football. C'est la victoire éclatante d'un football authentique sur un football business. Les champions du monde sortants n'ont brillé que dans la publicité.

On les voyait champions du monde pour la deuxième fois consécutive. Les médias les portaient au pinacle.

Les sponsors avaient investi des sommes colossales dans cette équipe de France, mais également sur certains joueurs. La chaîne de télévision TF I avait racheté à un prix démesuré les droits de retransmission en espérant bien entendu un retour sur l'investissement par le biais des retombes publicitaires.

Eh bien catastrophe ! Notre équipe nationale ne s'est .même pas qualifiée pour la phase suivante de la compétition. Pire ! Deux défaites et un match nul sont venus concrétiser leurs piètres prestations en Corée et au Japon, pays organisateurs. Pas très reluisant pour des champions du monde !
Les résultats des matches de préparation ne laissaient guère augurer une suite prometteuse dans la compétition, mais l'euphorie et peut-être un excès de confiance les observateurs estimaient qu'il fallait mettre ces déconvenues sur le compte de la fatigue. Lassitude due à l'accumulation rapprochée des matches de championnat selon certains observateurs...

La suite des événements confirma l'inconstance des Français ; elle se transforma en débâcle.. Déroute d'autant plus incompréhensible, que les bleus se trouvaient dans une poule relativement facile.

La presse se déchaîna contre nos footballeurs. Tout le nonde cherchait à comprendre pourquoi les champions du monde en titre venaient de descendre aux enfers. Fatigue ? Blessures ?

En réalité, les causes sont tout autres. Il y en a trois : le manque de motivation, les dissensions internes non visibles et l’arrogance de certains joueurs.

Le manque de motivation est évident. Si la succession de matches de préparation, venant s'additionner à ceux des championnats est bien réelle, elle a pour conséquence une diminution des forces physiques qui atténue l’enthousiasme et la motivation nécessaires pour aborder sereinement cette grande compétition internationale.

Deuxième cause les dissensions internes. Bien réelles, elles portaient essentiellement sur les rapports entre anciens et nouveaux joueurs. Les anciens faisaient partie de l'épopée de 98 ; les nouveaux arrivaient avec leur jeunesse et leur fraîcheur...
Les premiers
nommés. appelés pompeusement "cadres", imbus de leur personne, étaient plus accaparés à répondre aux sollicitations publicitaires, que motivés pour la compétition. Couverts de notoriété, ils avaient l'esprit ailleurs. Ce glorieux statut leur conférait une autorité indiscutable sur le terrain...Difficile dans ces conditions de faire cohabiter des hommes médiatisés à outrance, dont les visages passent encore en boucle à la télévision, ou sont affichés sur les panneaux publicitaires grand format, avec des jeunes au talent prometteur. Les champions du monde de la publicité (Lizzarazu pour Lu, Leboeuf pour la promotion du boeuf, Dessailly pour S.F.R„ Barthès pour Mc Do Zidane pour Ford, Volvic, Orange...) n'avaient pas de conseils ou de recommandations à recevoir des nouveaux, car trop enfermés dans leurs certitudes et sûrs de leur talent.
Enfin, l’arrogance. chez certains joueurs était visible, tant par leur attitude hautaine que par leurs propos. Cette attitude n'était pas de nature à instaurer un climat de confiance. Elle ne pouvait en outre qu'exacerber les joueurs des équipes adverses, dont le seul désire était de gagner contre les champions du monde sortants.

Même si l'on peut invoquer la blessure de certains, l'équipe de France a perdu son âme. Son ossature, patiemment et solidement construite par l’ancien entraîneur Aimé Jacquet, s'était fissurée.

Débarrassés d'une grande partie de ses stars trop médiatisées, les bleus retrouveront le chemin du succès et nous ferons vivre encore de belles aventures, car ils conservent un potentiel de qualité.

Pour ce faire, il faudra qu'ils retrouvent les vertus indispensables qui faisaient leur force : modestie, abnégation et solidarité.

Petite anecdote enfin pour achever mon propos. Si nos footballeurs ont gagné des sommes colossales, leurs homologues coréens, seront exemptés de service militaire ! Quel fossé sépare les champions du monde de la publicité et les fougueux joueurs asiatiques.

C. HOMBERT
Juin 2002