UNE PANIQUE RIEN VITE ESTOMPEE

Les résultats du premier tour des élections présidentielles fixées au 21 avril 2002 ont surpris bon nombre de Français et d'observateurs étrangers. Alors que l'on attendait Lionel Jospin, Jean-Marie Le Pen est arrivé en seconde position derrière Jacques Chirac, avec plus 18 % des suffrages !

Les titres de la presse nationale et internationale étaient unanimes : la France avait subi une catastrophe, un séisme sans précédent.

Le journal Libération, particulièrement irrité de constater un tel résultat, lança une campagne anti­-Le Pen, démentielle et sans précédent, en prenant bien soin d'agiter l’épouvantail du personnage. Différentes associations, organisations ou communautés s'érigèrent vigoureusement contre la montée du parti d'extrême Droite en dénonçant le danger des thèses du Front National.

Certaines vedettes de cinéma, menaçaient même de quitter le pays. Un comble quand même pour ces nantis et quel bel acte de lâcheté ! Quand le navire coule, les rats s'en vont...

Les thèses du Front National sont condamnables. Elles remettent en cause les fondements de notre démocratie et portent atteinte à nos libertés.

Mais enfin, faisons preuve de discernement et de sérénité. : Jean-Marie Le Pen avait fait le plein des voix . Il n’y avait aucune raison de se paniquer… Au deuxième tour Le Pen a été balayé. Il n'était mathématiquement pas possible que le Président du Front National soit élu Président de la République, et devance Chirac.

C’est peut-être facile de parler après coup, mais il faudra bien qu'on m’explique comment obtenir 50 % de suffrages, alors que le plein des voix a été obtenu au soir du premier tour. Nous sommes un pays démocratique et non totalitaire. Il n'y a pas de pouvoir militaire ou policier répressif, pouvant influer sur les résultats, ou les falsifier, comme cela se passe dans d'autres contrées.

Une explication à ce vent de panique : establishment ne voulait pas accepter ce résultat ahurissant. C’est peut-être sa façon à lui de manifester son mécontentement par des attaques violentes contre le parti de l'Extrême Droite au travers les médias.

Admettons tout de même que Jean-Marie Le Pen soit élu Président de la République. Sur quelle formation politique va-t-il s'appuyer pour mettre en place son programme ? Il faut bien constater que notre système électoral, qui repose sur deux modes de scrutin différents selon l'élection, peut confirmer un résultat, mais peut aussi corriger ou infirmer un vote.

Aux Présidentielles, tous les Français votent pour un homme. Sa médiatisation, son charisme, son éloquence sont souvent déterminants dans leur choix.

Mais aux législatives, les Français votent pour un autre homme, un homme du terroir, un représentant local qui présente des idées, qui propose un programme. On vote pour un homme que l'on connaît et que l'on apprécie ou pas. En France, il y a 577 députés.

La mécanique électorale fonctionne donc parfaitement. C'est vrai que le mode de scrutin pour les Législatives est imparfait il n'est pas normal que le Parti Communiste, avec 3,5 % de suffrages aux Présidentielles obtienne 21 parlementaires alors que le Front National, avec. plus de 18% de voix n'ait aucun représentant à l'Assemblée Nationale.

La cause est due aux découpes des circonscriptions, mais elles sont ainsi faites.

Voilà pourquoi je reste intimement convaincu, que Le Pen ou son successeur, ne sera jamais Président de la République.

Autre argument : la Communauté Européenne serait-elle restée impassible devant un gouvernement d'extrême droite ?

Le vent de panique qui a soufflé le soir du 21 avril est bien vite retombé 15 jours plus tard, lors du deuxième tour.


C. HOMBERT
Mai 2002