LES BOUDDHAS DE BAMIYAN

Comme ils l'avaient annoncé, les Taliban ont mis à exécution leur dessein : détruire toutes les statues religieuses, interdites par la référence universelle : le Coran. Visées plus particulièrement, les énormes statues taillées dans des falaises.

Le mollah, Mohamed Omar, chef suprême des Taliban, de l'Emirat islamique d'Afghanistan, a en effet donné l'ordre, après avoir consulté les sommités religieuses du pays dont il est le tyran, d'effacer par une destruction intégrale, tous ces symboles ou icônes représentant des fausses divinités.
L'objectif est de faire disparaître toutes traces de religions autres que celle de l'Islam, afin que personne ne puisse faire référence à un quelconque souvenir ou illustration divine de la période pré-islamique.

Ni l'émissaire de l'UNESCO, ni les appels à la raison de la communauté internationale n'y ont fait : la destruction du patrimoine archéologique Afghan est irrémédiable.

Les Taliban règnent en Afghanistan depuis septembre 1996. Ils représentent un mouvement intégriste musulman qui applique la loi islamique d'une manière radicale.

Mais au de là la destruction du patrimoine culturel, des agissements bien plus répréhensibles, bien plus révoltants, sont à dénoncer. Bien que réelles, ces pratiques sont ignorées par les communautés européenne et internationale, celles-là même, qui s'émeuvent des iconoclastes intégristes.

Outre le pillage et la destruction par incendie de certaines maisons, les femmes de ce pays sont rabaissées au rang d'esclaves.

Bafouées, violées, torturées, objet de lapidation publique en cas d'écart de conduite ou d'adultère, les femmes sont sans cesse offensées et rejetées. En cas de dérives, des procès montés de toutes pièces et des châtiments publics leur sont infligées. Les mariages forcés sont courants. Il leur est interdit d'aller à l'école, de travailler, de se faire soigner par des médecins hommes. Comme il n'y a plus de médecins femmes... Les postes occupés par des femmes qui professaient dans le milieu hospitalier ou de l'éducation ont été supprimés.

Certaines d'entre elles, n'ont plus la force de se révolter. Elles deviennent folles, se droguent, se suicident...

Si le régime tyrannique de ce pays ne change pas, l'avilissement de la femme risque de s'accentuer.

Par rapport à notre religion judéo-chrétienne, on connaît le manque de considération apporté aux femmes dans la religion musulmane. Cet état de choses évolue dans les pays proches du nôtre, mais en Afghanistan, l'ignominie va atteindre son comble.

L'avilissement et la dégradation des conditions d'existence des femmes afghanes sont pour certains, insignifiants et sans intérêt, un peu comme les personnes qui pensent que les camps d'Auschwitz n'ont jamais existé...

Pour ne rien arranger, l'Afghanistan traverse une période de sécheresse mémorable. L'alimentation fait défaut. L'aide internationale, déjà parcimonieuse, est de plus en plus réduite. Forcément : ce pays de plus en plus isolé, ne possède aucune richesse naturelle. Il n'intéresse donc personne...

Les Bouddhas de Bamiyan auront eu au moins le mérite d'enrichir mes connaissances : je ne savais pas qu'il existait en Afghanistan des statues géantes immortalisées, taillées dans la roche, il y a plus de 1500 ans !

Coïncidence. Aujourd'hui, nous sommes le 8 mars 2001. C'est la journée internationale des femmes, sauf bien entendu pour les Afghanes...

C. HOMBERT

Mars 2001