LA REPENTANCE ?

La sphère médiatique remet au goût du jour un mot : la repentance. Utilisé plus particulièrement par l'Eglise, il signifie le regret de ses fautes, fautes parfois pouvant se transformer en péchés.

Il y a d'ailleurs plusieurs années (en 1997), les autorités religieuses avaient fait acte de repentance auprès de la communauté israélite et lui demandaient son pardon. L'Eglise avait en effet, "fermé les yeux" sur les déportations des juifs opérées en France, durant la dernière guerre.
Aujourd'hui, deux militaires, commandant nos troupes pendant la guerre d'Algérie, mettent en exergue les tortures et les actes de barbaries, perpétrés par les soldats français dans ce pays, il y a plus de 40 ans maintenant !

En quête de notoriété perdue ? Atteints de sénilité avancée ? Les deux chefs militaires, Massu et Aussaresses, (âgés de plus de 90 ans), estiment qu'il faut dénoncer et condamner les atrocités commises par les forces françaises et que notre pays, doit faire acte de repentance, auprès de la communauté internationale.

Les communistes, dont le ministre des Sports, Marie-Georges Buffet en tête, s'inscrivent dans cette démarche et réclament la création d'une commission d'enquête parlementaire, pour faire la lumière sur ces faits blâmables et répréhensibles, qui se sont déroulés entre 1954 et 1662.

Certaines personnes, journalistes et autres idéalistes bien pensants, butinant sur leur nuage féerique, estiment qu'il est temps maintenant, que la France, fasse son autocritique et que la mémoire collective se repente des tortures et autres supplices infligés aux Algériens.

Le débat est lancé, mais je doute qu'il prenne de l'extension : la plupart de nos hommes politiques sont bien embarrassés pour polémiquer sur les résolutions colonisatrices de la France prises il y a plus de 40 ans. Aujourd'hui, parler de celles-ci, semble un peu désuet. Apparemment Chirac et Jospin ne veulent pas mettre de l'huile sur le feu et heureusement, la pression semble retomber.

Personnellement, je m'insurge devant le procès que l'on veut intenter à nos militaires, à qui nos gouvernants de l'époque, avaient donné carte blanche pour maintenir coûte que coûte l'ordre en Algérie, ce pays que nous avions colonisé.

C'est sûr que des atrocités ont été commises par une partie de l'armée française sur des civils ou des militaires algériens, mais il faut remettre les choses dans leur contexte et aussi parler des actes de barbarie commis par le camp adverse : coups de poignards sur nos soldats, n'entraînant la mort qu'après une longue agonie, ouvertures du ventre de nos combattants, avec insertion de leur sexe et testicules, le supplicié étant exposé en plein soleil…

Ah ! Qu'il est aisé, confortablement installé dans un fauteuil, de critiquer l'action des forces françaises quatre décennies plus tard, d'analyser une situation de fait, imposée par l'attitude colonisatrice de nos gouvernements de l'époque.

Sans cette prétention française, il n'y aurait jamais eu de guerre, donc de tortures.

Ne soyons pas hypocrites : la guerre apporte toujours sa cohorte de misères, de situations tragiques, d'initiatives intempestives ou d'interventions stupides autant qu'inutiles. C'est malheureux, mais c'est la guerre. Il ne faut pas se voiler la face : les guerres propres n'existent pas.

Toutes, quelles qu'elles soient et sans exception, apportent leur lot de souffrances, de sévices, de viols, de martyres, de douleurs physiques et morales… C'est la dure réalité.

Les gouvernants de n'importe quel pays, doivent assumer leurs responsabilités et les dérives qu'entraîne une guerre.

Alors pour en revenir à l'affaire qui fait la une de ce mois de novembre, il faudrait que les militaires fassent acte de repentance ? C'est une plaisanterie !
Dommage que les donneurs de leçons et les senseurs d'aujourd'hui n'aient pas connu la dure réalité de la vie de nos parents ou grands-parents, qui ont défendu notre pays devant l'invasion ennemie, lors des deux grandes guerres, avec toutes les cruautés toutes les inhumanités qu'ils ont dû endurer... Mais c'est vrai, ces Messieurs n'ont pas connu la guerre et ils ne seraient peut-être pas là pour en parler…

Le devoir de mémoire de la France envers la communauté internationale paraît vraiment grotesque.

C. HOMBERT

Novembre 2000