UN JOB POUR DEMAIN

Une journée des Parlementaires R.P.R. du nord était organisée à Valenciennes le 5 octobre dernier. Trois tables rondes étaient organisées autour des sujets suivants : "la mutation économique du Valenciennois", "cadre de vie et revitalisation du Valenciennois" et "l'action politique sert-elle à la dynamisation de nos territoires ?". Trois sujets à débats. Les résultats des travaux de synthèse effectués par les circonscriptions R.P.R. du Valenciennois montrent que la région a encore des atouts pour pérenniser son activité économique et industrielle. L'élaboration par le Département de plans d'orientation fixant pour l'avenir les caps ou objectifs à atteindre pour pouvoir, maintenir et développer l'emploi dans la région, laissent penser qu'il faut garder espoir. C'est en tout cas l'affirmation et la conviction des hommes politiques présents dans la salle.

Le découpage du territoire en zones d'activités (complémentaires, mais non concurrentes), l'amélioration des infrastructures routières, ferroviaires ou fluviales, qui permet de faciliter les échanges, les pôles universitaires qui instruisent et façonnent les techniciens de demain, les C.C.I. qui assurent des formations de plusieurs centaines de personnes, les aides apportées par le biais de subventions ou d'exonération fiscale, sont autant d'atouts nécessaires à la région pour maintenir ce potentiel industriel créé au début du siècle.
Alors c'est vrai, il faut garder espoir, mais devant la dégradation de l’activité économique qui a commencé il y a 20 ans et qui perdure toujours, on est en droit se s'inquiéter sur notre devenir. Il ne faut pas se voiler la face, car si l'on constate la bonne activité économique du pays (la France est le troisième exportateur), en matière d'emploi, la situation devient très inquiétante. La courbe du chômage ne cesse de progresser, même si son amplitude est moins forte que les années précédentes.

Aucun axe de progrès, aucune piste convainquant n'a été proposé. Dans ce débat, personne n'a vraiment parlé concrètement du problème de l'emploi : comment arrêter les délocalisations d'entreprises, comment penser à une autre organisation du travail pour maintenir les salariés à leur poste ou embaucher du personnel. L'amélioration constante de la productivité, la mondialisation des échanges, les mutations technologiques nécessaires pour moderniser l'outil de travail, ne feront d’accroître le chômage.

Il est vrai qu’il faut entretenir l'espoir, car il y aura toujours du travail en France et particulièrement dans notre Valenciennois, mais pour pouvoir obtenir un "ticket de travail", il faudra se battre. Se battre pour obtenir ses diplômes, ses concours, ses épreuves de sélection. Toujours se battre et faire preuve d'initiatives, notamment dans la recherche d'un job. Seuls les plus entreprenants réussiront. Comme dans ce panier de crabes du monde des affaires, les plus habiles parviendront à rester en vie. Il y a des années maintenant, les entreprises nous ouvraient leurs portes, aujourd'hui il faut les forcer.

Que deviendront les gens qui n'ont pas la chance de suivre des études ? Des personnes qui vivront en marge de la société, non connectées au monde du travail. Elles deviendront des révolutionnaires ? Cela ne changera rien à leur situation. Résignées, elles plongeront dans "l'assistanat" en s'habituant à recevoir des aides de l'Etat, de la région de la commune ou des associations caritatives.

Pour les autres - ceux qui travaillent - leur situation sera plus ou moins enviable selon l'importance de leur entreprise. Plus elle sera grande, plus la protection et la garantie d'emploi seront assurées. Plus elle sera petite, plus l'emploi y sera précaire et moins bien rémunéré.

Allons-nous vers une explosion sociale ? Pas si sûr ! Il suffit de regarder le taux de chômage de notre voisin espagnol qui atteint 20% pour constater la résignation des ibériques.

Christian HOMBERT
Octobre 1996