DEGRADATION SOCIALE

Souvent, nous faisons référence aux Trente Glorieuses, période de notre histoire qui a succédé à la fin de la deuxième guerre mondiale.
Pendant ces trente années l'expansion économique et industrielle a rendu notre pays prospère et assurait le plein emploi.

En 1960, il y avait 60000 chômeurs de recensés. Aujourd'hui, il y en a plus de 3,3 millions, et malheureusement, la courbe du chômage continue son ascension inexorable.
Les mutations technologiques, la course effrénée à la productivité et enfin le manque de protectionnisme dans des secteurs industriels ou la concurrence déloyale n'est plus à démontrer, ne sont pas des facteurs qui concourent à la création suppression d'emplois.
Cette situation inquiétante va accentuer la fragilité du tissu social. Comme aucune piste n'est tracée par nos politiques pour endiguer le chômage (d'ailleurs maintenant, ils n'osent même plus s'aventurer sur ce thème), la situation ne fera que se dégrader et occasionnera tôt ou tard une fracture si aucune solution n'est trouvée.

Nous constatons malheureusement qu'il y a en France de plus en plus de personnes en situation précaire ; chômage bien sûr, mais alcoolisme et mésentente conjugale qui laisse souvent des femmes seules avec leurs enfants à charge.

Il n'est pas question pour moi de juger ces faits de société, mais force est de constater que de plus en plus de personnes vont naturellement demander aide et assistance aux collectivités locales ou territoriales, ainsi qu’aux associations caritatives, pour subvenir à leurs besoins alimentaires, voire médicaux.

Nous portons parfois des jugements de valeurs sur le comportement des personnes en difficultés. Il faut pourtant essayer de comprendre la situation critique dans laquelle elles se trouvent. Leurs enfants risquent de suivre le même chemin...

C'est vrai, des parents boivent, sont violents avec leur progéniture. Des parents se défilent devant leurs responsabilités éducatives.

Certains profitent de toute une palette d'avantages accordés par les collectivités locales ou territoriales...
L'augmentation toujours constante des budgets sociaux aura à terme, des effets pervers, car si aujourd’hui, la porte de la "maison sociale"est entrouverte, elle risque demain de s'ouvrir carrément. Les conséquences risquent d’être pernicieuses si l'on continue à développer l’assistanat.

En effet, des personnes risquent de s'installer un peu plus chaque jour dans un "confort" relatif et perdront toute notion, toute réalité avec le monde du travail.

Alors que faire ? Etre philanthrope et continuer à admettre ces conséquences négatives inévitables ? Etre restrictifs dans l’octroi
des aides en prenant en compte certains critères….

Véritable problème de société, l'exclusion sociale vient surtout de la résultante du chômage. De plus en plus de personnes perdent ce droit essentiel qu’est le travail.

Il est à craindre qu'un jour, la frange de population sans emploi se révolte. Révolte qui risque de se transformer en explosion sociale
L'exclusion, sujet d'actualité, est reprise comme thème de campagne par tous les hommes politiques en cette période de pré-campagne électorale. Vont-ils vraiment proposer des solutions pour enrayer la progression du chômage ?
Personnellement, j'en doute. Si l'on ne donne pas à tous un travail, notre société sera divisée en deux : d'un côté, les nantis
(ceux qui travailleront et les retraités), de l'autre, les sans emplois.


C. HOMBERT
Novembre 1994