LA CORRUPTION

La corruption il n'y a pas si longtemps a défrayé la chronique en Italie. Tous les partis politiques étaient corrompus.
C'est probablement l'une des raisons pour lesquelles l'opinion italienne s'est détournée de la politique et que l'habile
Sylvio Berlusconi, grand argentier, est devenu chef du gouvernement.

Il ne serait pas étonnant d'apprendre un jour que l'homme, probablement le plus riche d'Italie, soit compromis dans un scandale politico-financier.
En France, actuellement, la corruption est le sujet d'actualité. On ne parle que des "affaires". Certes la corruption a toujours existé et perdurera.

Si l'on remonte dans notre Histoire, on s'apercevra qu'au 19 ème siècle Mazarin, Fouquet, Sully, Tallerand puisaient dans les caisses de l'Etat des sommes considérables. Rien n'a vraiment changé ! Aujourd'hui les sommes ne sont pas comparables, mais elles sont néanmoins importantes.
Les chefs d'inculpation à l'encontre des prévenus sont pratiquement tous les mêmes : abus de biens sociaux, trafic d'influence, faux et usage de faux, corruption et subornation de témoins. La corruption est couramment pratiquée pour l'attribution des marchés publics. Il faut savoir que ceux-ci représentent 70% des marchés octroyés aux entreprises de BTP. Les intérêts en jeu sont donc considérables et la pression des élus sur les responsables des entreprises l'est tout autant. Il y a délit de corruption quand un décideur travaillant dans le privé ou dans le public accorde une préférence à une société en lui attribuant une commande ou d'un marché contre avantages pécuniaires ou en nature.
En pratique la corruption c'est par exemple donner une autorisation, un avis favorable à une demande ou un projet, en échange d'une enveloppe.
Des travaux effectués dans la propriété du corrompu ou l'octroi de voyages à l'étranger tout frais payés sont également très utilisés.

La corruption peut aussi avoir une apparence plus subtile : promotion professionnelle, pressions discrètes sur les élus ou décideurs.

La loi anticorruption de 92 de M. Sapin a pour objet de mettre fin à cette dérive de concussions et de malversations qui gangrènent notre société.

Les affaires qui voient le jour aujourd'hui, font ressortir que l'argent versé aux corrupteurs sert essentiellement à alimenter les caisses des partis politiques. Il est très peu utilisé à des fins d'enrichissement personnel.

Un projet de loi va être présenté à l'Assemblée Nationale. Il obligera les partis politiques à diminuer fortement et plafonner leurs dépenses en matière de campagnes électorales. Ipso facto, leurs besoins étant moins importants cette mesure devrait faire baisser la corruption.

Les juges, les Chambres Régionales des Comptes sont des remparts contre les malversations ou compromissions. Mais ne nous y trompons, tant qu'il y aura des hommes, il y aura de la corruption.

Certains hommes politiques peu scrupuleux, s'efforceront toujours de trouver des astuces pour alimenter les caisses de leur parti, en se servant peut-être au passage. Il leur suffira d'agir avec un peu plus de doigté et de subtilité pour contourner la loi républicaine et l'interpréter à leur manière.

Le droit n'est-il pas la meilleure école d'interprétation ?

C.HOMBERT
Septembre 1994