L'E.D.I. SUPPRIME DES EMPLOIS

Les mutations technologiques, les avancées dans les domaines scientifiques et industriels provoquent inéluctablement la suppression d'emploi.
Il est grand temps de s'interroger sur les conséquences néfastes sur l'emploi qu’auront ces mutations dans les années à venir.

Doit-on ou non continuer à participer à cette course effrénée aux technologies nouvelles dans laquelle tous les pays industrialisés se sont lancés ?
Une des dernières en date concerne les relations administratives et commerciales entre différents partenaires qu'ils soient privés ou publics.

En 1987, naît à Genève une norme appelée Edifact (ISO 9735) définissant les règles de syntaxe de l'E.D.I. pour l'administration, le commerce et le transport.

De quoi s'agit-il ? E.D.I. signifie en anglais Electronic Data Interchange. Dans le langage courant, cela veut dire Echange de Données Informatisées.
Ce sigle un peu barbare cache en fait une révolution dans l'échange des informations entre les administrations et les entreprises.

L'E.D.I. consiste donc à faire communiquer entre eux, par l'intermédiaire de leur système informatique, des partenaires, qu'ils soient publics ou privés.

L'activité économique a pour corollaire des échanges commerciaux qui entraînent ispo facto la création d'innombrables documents papier. L'E.D.I. va dématérialiser ces documents, réduire leur volume, leur stockage et diminuer les délais de transmission.

Actuellement, les échanges commerciaux sont matérialisés par la création de commandes, d'accusés de réception, de bordereaux d'expédition, de factures, d'états de stocks, de documents qualité, d'appels d'offres, de déclaration en douane...

En comptabilité, des documents papiers officiels relatifs aux balances, bilans, écritures comptables, avis de débits ou de crédits, ordres de paiement sont toujours en vigueur et obligatoires.

Certes, je ne crois pas aux affirmations des technocrates de l'informatique qui prônent le papier "zéro", mais force est de constater que l'E.D.I. Va révolutionner les échanges d'informations entre les organisations.

Quels en sont les avantages ?

D'abord réduire les coûts de gestion, donc améliorer la productivité des entreprises. Ensuite, alléger les délais administratifs par la rapidité des transmissions. Enfin, cette nouvelle technologie éliminera les tâches administratives redondantes (saisies, ressaisies, vérifications...) et réduira la consommation de papier.

Ces bénéfices ne doivent pas cacher les inconvénients et les risques :

- contraintes organisationnelles (habitudes de travail, procédures à changer...) ;

- relations socio-économiques différentes ;

- contraintes juridiques ;

- investissements onéreux ;

- impact humain.

Le développement et la mise en place d'une politique d'E.D.I. ne pourront être assurés qu'avec le consentement de tous les acteurs économiques que sont les administrations, les entreprises et autres organisations ou associations.

Pour les convaincre, EDIFRANCE, pôle de compétence pour l'E.D.I. en France, (qui dépend de l'A.F.N.O.R) devra se montrer persuasif, car soucieux de tirer profit de cette nouvelle technologie, mais aussi désireux d'améliorer leur efficacité, les entreprises et administrations se montreront réservées dans un premier temps, mais adhéreront au projet inévitablement, même si les investissements en matériels et en prestations intellectuelles sont considérables.

Les effets bénéfiques de l'E.D.I. se confirmeront donc, car les conditions économiques, les objectifs de rentabilité et de performance conduiront à l'aboutissement du projet maintenant lancé.

Sur le plan des relations sociales et humaines, cette révolution va entraîner d'énormes suppressions d'emplois - peu compensées par
ailleurs - et la dépréciation de certaines fonctions (acheteurs, comptables, agents administratifs...

C. HOMBERT
Juillet 1993