LA FULGURANTE ASCENSION D’EMMANUEL MACRON


Qui l’aurait pensé il n’y a pas si longtemps ? Emmanuel Macron, âgé de 39 ans, le ministre protégé de François Hollande, vient de connaître une ascension fulgurante.
Première étape : il quitte le gouvernement de Manuel Valls pour retrouver sa liberté de parole et son indépendance.
Deuxième étape : il crée son propre parti, « En Marche ». Les médias et la classe politique dans son ensemble se gaussaient…

Troisième étape : il se présente à la présidentielle sans passer par une quelconque Primaire. Sa candidature fait toujours sourire.
Comment un non élu, qui n’a aucune expérience en politique, pourrait-il l’emporter ? Inconcevable !

Les journalistes, les instituts de sondages et autres vigiles de la pensée autorisée ne lui accordaient aucune crédibilité. Pas d’appareil politique pour le soutenir et pas de majorité parlementaire dernière lui pour gouverner si d’aventure il était élu.
Le premier tour des élections arrive, et au grand étonnement de tous, il arrive en tête avec 24 % des suffrages ! Il devance, contre toute attente, Marine Le Pen de 3 points !
Le débat télévisé du second tour qui s’ensuivra, confirmera la préférence des français pour Macron, d’autant plus que sa rivale rate lamentablement son oral en adoptant une attitude constamment agressive face à un interlocuteur imperturbable et serein.
Quatrième étape : il remporte l’élection présidentielle avec 66 % des suffrages !

Contre toute attente donc, il devient le huitième président de la cinquième république.
Non seulement il est élu dans la surprise générale, mais peu de temps après, son parti remporte à une écrasante majorité les élections législatives !
Tous les partis sont atomisés ! La Droite, la Gauche les Verts… Seul résiste le nouveau parti populiste de Mélenchon, la France Insoumise.

Les deux grands partis historiques sont décimés. Le parti socialiste est exsangue. Tous ses dirigeants légendaires ont abandonné le navire  (Hamon, Guigou Aubry, Valls, Montebourg, Mélenchon Colomb, Cazeneuve, Vallau Belkacem, Taubira...). Certains pour changer de parti, d’autres quittent la scène politique, soit parce qu’ils n’ont plus été réélus, soit parce qu’ils sont dégoûtés du tour de force d’En Marche, ce nouveau parti composé de députés venant pour la plupart de la société civile.
La Droite se divise, se fracture. Elle est devenue un champs de ruines. Les rancoeurs, les trahisons, les haines ont provoqué son déclin.
Exit Sarkozy, Coppé, Bertrand, NKM, Fillon... Pourtant ce dernier, qui se disait vertueux, avait obtenu 20 % des suffrages. Il aurait dû arriver en deuxième position, mais son hypocrisie et ses mensonges relatifs à l’affaire de l’emploi fictif de son épouse à l’assemblée Nationale, ne l’ont plus rendu crédible.
Il a anéanti la Droite, qui pourtant le soutenait… du bout des lèvres il est vrai.
Les écologistes quand à eux n’existent plus depuis bien longtemps. Le parti communiste est devenu un fantôme. Seul les partis populistes, la France insoumise et le Front National s’en sortent relativement bien. Le F.N. arrive en deuxième position avec 21% des suffrages et Jean Luc Mélenchon avec 19,5 .

Les français n’ont donc plus voulu de ce clivage Droite Gauche qui dure depuis plus de 40 ans !
La Gauche, la Droite, c’est du pareil au même se disent-ils. Rien ne change : la dette et le chômage continuent de croître, aucune profonde réforme économique n’est entreprise... Le seul pouvoir qui prévaut, c’est celui de la finance. D’ailleurs ni la Gauche, ni la Droite ne le conteste…
Autre facteur déterminent qui ont provoqué ce chamboulement politique : les « affaires ». Elles touchent tous les partis. Les français en ont marre de voir tous ces élus profiter de leur statut. Ils n’ont
pas voulu reconduire des députés, trop préoccupés à préserver leur pré carré et les avantages qui découlent de leur fonction élective, au lieu de s’intéresser aux grandes réformes économiques et à la condition sociale des individus.
Il y a la France d’en haut et celle d’en bas. La classe des élites et la classe populaire.
Le parti socialiste qui présentait Benoît Hamon obtient plus de 6 % des suffrages ! Du jamais vu pour un parti à la dérive maintenant !
Il faudra sans doute une décennie pour qu’il retrouve son rayonnement…
Voter Macron, c’est néanmoins voter pour l’inconnu, car le libéralisme qu’il prône en matière notamment de législation du travail pour relancer l’économie ne sera pas forcément accepté par tous, et revenir sur des acquits sociaux ne va pas laisser les salariés indifférents.
Dans son projet, l’identité nationale est absente, mais le multiculturalisme est mis en avant… ce dont ne veulent pas les français.
Est-il partisan d’un pays sans frontière ? Souhaite-t-il abandonner notre identité, confondre notre histoire dans « l’État Europe » ?
Si les français ont choisi de nouveaux dirigeants, propres, net « d’affaires, » incarnant le renouveau, en matière de politique, ils ont plébiscité un parti comprenant des personnes de tous les bords politiques. Un Centre en quelque sorte...
Ce bouleversement va-t-il redynamiser le pays, le sortir de son éternel déficit public, faire diminuer le chômage, relancer l’économie, gérer la crise migratoire, réformer les institutions publiques...et ce fameux code du travail ?
Pas sûr que Macron y arrive. D’autres ont essayé avant lui : faire bouger les immobilismes et les conservatismes est une gageure...

Le parti En Marche qui se structure, connaîtra lui aussi des bisbilles et des futurs Macron ne tarderont pas à sortir du bois...
Je crains fort que l’adage d’Edgar Faure reflète la dure réalité : l'immobilisme est en marche. Rien ne saura l'arrêter.

C. HOMBERT
Jjuin 2017