LE CHEVALIER BLANC


Il n’aura pas fallu longtemps pour que cet apparatchik de la politique, rejeté par les électeurs et les membres de son parti,
quitte la politique pour retrouver une fonction plus lucrative dans le public.
Pas n’importe où : dans une société de gestion d’actifs et d’investissements : il sera le trentième associé de la société Tikehau Capital.
La presse en fait largement écho mais semble oublier une chose : quel sera le montant du capital qu’il va investir dans
cette société ? On ne s’improvise pas associé sans apporter sa propre participation financière. Surprenant pour un homme
qui dit ne pas avoir d’argent !
Alors les mauvaises langues pensent qu’il va s’octroyer une grande partie de la somme récupérée par le micro parti,
Force Républicaine, qu’il a créé pour la circonstance des Primaires. On parle de plus de 3 millions d’euros d’excédent !
Il faut savoir que des millions de français ont versé 2 euros, lors des deux tours, pour pouvoir voter.
Sa reconversion n’aura donc pas trop tardé pour cet ancien Premier ministre de Sarkozy, mis en examen pour l’emploi présumé
fictif de sa femme Pénélope, à l’Assemblée Nationale.
Se refusant à admettre les faits, il a toujours maintenu sa stratégie de défense. Ipso facto, il a entamé sa crédibilité et réduit
ses chances de remporter la présidentielle, alors qu’il en était le favori. Il estimait en outre que les médias s’acharnaient trop
lourdement sur lui…
Pourtant sa mauvaise fois était évidente. Dans un de ses discours, il faisait référence à un grand chef d’état : « Qui imagine le général De Gaulle mis en examen ? ».. et d’enchaîner : « Il y a qu'une chose qui m'empêcherait d'être candidat, si mon honneur était atteint : être mis en examen... ».
Il a été mis en examen… mais a maintenu sa candidature. Cette phrase culte restera dans les annales.
Où est le candidat vertueux qui prônait l’honnêteté, la droiture et l’intégrité ?
Lui qui voulait remettre le pays en marche, abaisser les déficits publics, réduire le nombre de fonctionnaires de 500000, changer
la politique économique et industrielle...
Comme beaucoup de ces donneurs de leçons, il était partisan d’une défense forte et du maintien des industries dans le pays,
mais retiré définitivement de la politique, étrangement, il a préféré, non pas se lancer ou de s’impliquer dans une mission industrielle, mais de s’investir dans le domaine de la finance ou les risques sont beaucoup moins importants, pour gagner beaucoup d’argent...
Jamais une campagne électorale pour l’élection présidentielle n’aura suscité un tel écœurement et plongé le pays dans des
débats sordides.
Mais il est vrai que la République a toujours fait bon ménage avec les scandales. Depuis son origine, elle en a été toujours jalonnée.

C.H. août 2017