UN CHOIX DIFFICILE

Elle arrive furtivement, inexorablement : la vieillesse. Elle se traduit par une diminution des forces physiques, par un affaiblissement
des facultés cérébrales, parfois les deux simultanément.  Ces phénomènes sont  les signes avant-coureurs de la dépendance. 
Alors arrive le temps des interrogations et un dilemme : faut-il continuer à vivre chez soi ou bien partir habiter dans une maison de
retraite ou une autre structure d’accueil, achever le long chemin de sa vie ?
Aussi longtemps que le corps répond aux sollicitations quotidiennes, la question ne se pose pas. Pourquoi en effet quitter son
domicile, alors que l’autonomie et les facultés cérébrales sont intactes, enfin  presque…
Rester chez soi, entouré parfois de ses proches, de ses voisins, de ses amis, est la solution souhaitée par la plupart d'entre nous.
hacun aspire en effet, à vivre aussi longtemps que possible « dans ses meubles », avec sa télévision, ses bibelots, ses photos,
ses fleurs, son jardin, ses souvenirs… Egalement, rester chez soi, donne la possibilité de recevoir sa famille, ses amis, et ainsi,
de continuer à vivre comme par le passé, dans son environnement et ses habitudes : faire la cuisine, nettoyer ou entretenir les
pièces de sa maison à son rythme, faire des courses, se rendre à un rendez vous médical….
Quitter son univers sans éprouver de regrets s'avère donc être un choix difficile. Il est impensable d’imaginer une telle situation.
Et puis un jour, la vie bascule. L'un des conjoints, commence  à avoir des troubles physiques, des problèmes cardiovasculaires,
est victime d’un infarctus pouvant entraîner un AVC ou provoquer une paralysie invalidante, parfois irréversible...
Plus sournoisement, l’apparition de la maladie d'Alzheimer, le cancer, l'artérite ou la survenance d'autres affections ou pathologies graves, peuvent également engendrer des handicaps profonds...
L'assistance à domicile devient donc nécessaire, car malgré la bonne volonté du conjoint, certains de ses gestes de la vie courante ne peuvent plus être assumés. Au début, cette assistance est ponctuelle, mais elle peut devenir quasi permanente...
Alors le dilemme se pose. Ou bien rester chez soi et opter pour les aides, ou bien partir dans un établissement de retraite ad-hoc.
En cas de force majeur, le choix ne se pose pas, car la solution radicale s’impose : le placement dans un établissement.
Il existe des structures d’accueil  différentes selon le degré de dépendance des personnes. Elles ont toutes le même objectif :
apporter les soins de santé élémentaires et accompagner la personne jusqu’à la fin de son parcours de vie.
La vie en communauté, même si elle n'est pas acceptée par tous, présente un intérêt quand la personne est ouverte.
Elle permet d'avoir des relations sociales et de garder un lien social. Les souffrances, morale ou physique, peuvent ainsi
en être amoindries.
Notre vie, comme tout un chacun, a été remplie de joies, de bonheurs, mais aussi de tristesses et  de désillusions. Le handicap
vient maintenant nous rappeler une autre façon d’aborder l’existence...
Les personnes entrent dans un processus de vie totalement différent de celui qu’elles ont vécu. Dans une maison de retraite,
la prise en charge médicale n'est pas forcément acceptée. Les activités programmées, les horaires rigoureux des repas, les
choix alimentaires, l'impossibilité d’inviter à déjeuner chez soi, l'interdiction de posséder un animal domestique, sont autant
de contrariétés qui provoquent de l'amertume….
Le regard sur la Société n’est plus le même. Les seules préoccupations tournent autour de la santé. Les avantages qu'offrent
une maison de retraite peuvent parfois compenser le handicap, et si on y trouve la sécurité, le réconfort, le regard bienveillant
des personnels, la maison de retraite peut être aussi un refuge qui permet de partager de bons moments, d'éviter la tristesse,
la solitude, l'ennui…

Mais comme chez soi, le long parcours de vie s’achève inexorablement….

C. HOMBERT
Septembre 2015