PROTECTIONNISME

Pour protéger leur secteur d'activité informatique, les U.S.A. viennent de prendre des mesures commerciales restrictives.

Poussée par le puissant lobby des constructeurs de matériel, l'administration Bush a décidé de casser la proposition d'offre
du constructeur BULL pour la vente de 300000 ordinateurs.

Cette société française avait déjà du mal à se maintenir au niveau des grands (IBM, NEC, APPLE...) et malgré des restructurations  douloureuses qui ont entraîné la suppression de milliers d'emplois, BULL voit là disparaître - si le jugement est confirmé - une belle occasion de se refaire une santé économique dans un contexte difficile.

Les mutations technologiques, la course effrénée aux gains de productivité en matière informatique ne laisseront la place qu'aux plus forts.

On comprend mieux pourquoi les U.S.A. tiennent à protéger ce secteur d'activité en fermant le marché aux sociétés étrangères.

Ce protectionnisme qui ne date pas d'aujourd'hui, entre dans le cadre d’une politique et d’une logique économique propre à ce pays pour maintenir l’activité industrielle.

Alors qu'attendons-nous en Europe pour adopter des mesures de rétorsion ? Il faut engager une véritable guerre contre l'administration américaine et adopter le principe de la réciprocité commerciale.

Devant l'inexorable montée du chômage en Europe, la mondialisation de l'économie, les pays devront nécessairement protéger certains secteurs d'activités pour sauvegarder leurs propres entreprises. Une façon pour y arriver : le protectionnisme, accompagné d'accords et d'échanges bilatéraux équilibrés mûrement négociés entre pays.

En outre, en Europe, il faudra harmoniser les politiques sociales (salaires, retraites, prélèvements fiscaux...) afin que la concurrence entre les pays qui composent cette entité soit loyale. Il sera nécessaire de créer des droits de douane sur tous les produits provenant des pays avec lesquels il n'y a pas de réciprocité commerciale. Cette mesure incitera les industriels et les financiers à ne pas investir dans les pays où les coûts salariaux ne sont pas comparables aux nôtres.

Le capital doit générer des profits, mais il doit aussi préserver et créer des emplois.

Ne soyons pas hypocrites : tous les pays - y compris le nôtre - font du protectionnisme plus ou moins voilé ? En France, les importations limitées de voitures japonaises de télécopieurs en sont une démonstration.

Aujourd'hui il faut renforcer ce protectionnisme si nous voulons maintenir dans notre pays une économie forte. Faute de quoi, la France et l'Europe, seront confrontées à de graves difficultés sociales.

C. HOMBERT
Décembre 1992