L’EQUILIBRE BUDGETAIRE

En parcourant le dernier bulletin d’informations municipales de ma commune, j’ai lu sur un article nous rappelant la nécessité d’équilibrer un budget.
Outre une attaque en règle contre le gouvernement qui a supprimé la taxe professionnelle, qui apportait aux communes des recettes non négligeables (1), la municipalité nous conditionne déjà en nous annonçant pour l’année prochaine, une augmentation des impôts relative à la taxe d’habitation.
Mais j’ai trouvé la suite de l’article très intéressante. Elle touche à l’actualité : la réduction des déficits des dépenses publiques.
Toutes les communes font face au même dilemme : faut-il créer de nouveaux services, de nouveaux biens d'équipements, nécessitant des engagements financiers supplémentaires ?
Ne pas investir, c’est reculer. Ne pas évoluer, ce n'est pas croire en l’avenir. Une commune doit se développer raisonnablement.
Mais ce mot n’a pas le même sens selon les uns ou les autres…
Le citoyen lambda s’interroge : est-il nécessaire d’investir dans le mobilier urbain, dans le fleurissement des rues, dans la création de squares ou d’espaces publics… ? Les coûts pour ces travaux sont exorbitants !
Si l’on ajoute à ces dépenses, l’augmentation des effectifs communaux, la réalisation de trottoirs, parfois carrelés,  la mise en place d’une signalétique routière, certes indispensable, des somptueux panneaux électronique pour l'affichage des informations municipales, l’augmentation du parc de véhicules d’entretien... on comprend aisément qu’il faudra bien un jour revoir les dépenses à la baisse… ou à continuer d'augmenter les impôts.
A l’heure des restrictions budgétaires, il n’est plus possible de créer de nouveaux services ou d’investir dans de lourds équipements.
Certaines communes possèdent une salle de sport. Est-il normal d’en réaliser une deuxième ? D’autres construisent des piscines ou des médiathèques, qui, outre l’énorme investissement de base, représentent toujours un gouffre financier sur le plan du fonctionnement. La mutualisation de ces édifices ne serait-elle pas préférable ?
J’ai la chance d’habiter une commune qui n’a pas d’ambition démesurée. Depuis plusieurs années, le taux d’endettement est égal à zéro. Rares sont les communes qui peuvent présenter une telle situation budgétaire !
Alors, les communes vont-elles mettre un frein et baisser leurs dépenses ? Pas si sûr !
Cette situation dure depuis plus de 30 ans ! A force de créer de plus en plus de services ou de biens d'équipements, elles empruntent. Il faut ensuite rembourser les banquiers, qui pour certains, n’hésitent pas à prêter de l’argent en utilisant des méthodes d’indexations fallacieuses (prêts dits toxiques), ce qui renchérit encore plus la dette.
Ces politiques de dépenses inconsidérées sont dans tous les cas supportées par les contribuables que nous sommes. Au travers de l’impôt local d'une part  (taxes foncière et d‘habitation), mais également de celui du Département et de la Région d’autre part.
Mais un autre élément doit être pris en considération : le bilan d'un conseil municipal au bout de 6 années. En effet, il est difficile de geler des programmes de dépenses, car les élus d’une commune se doivent de présenter un bilan positif à l'issue de leur mandat. Faute de quoi…
Pour revenir au bulletin municipal reçu, les élus se plaignent de la suppression des dotations de l‘Etat. Mais quelle importance, puisque les dépenses seront payées de toutes façons par la collectivité !
Alors on comprend mieux pourquoi les communes masquent toujours leurs dérives ou leurs carences en mettant cette politique dépensière sur le compte des autres…
Les finances locales devront pourtant s’adapter au contexte économique, comme au plan national, l’Etat devra être obligé de respecter l'objectif de  «la règle d’or» que la majorité des pays européens vient d’adopter…

(1) totalement compensée la première année.

C. HOMBERT
Décembre 2011