Il VOULAIT DEVENIR PRESIDENT...

L'ancien ministre des Finances sous l'ère Mitterrand, Dominique Strauss Khan, parachuté sciemment ou non par l'Elysée
au F.M.I. pour assurer les fonctions de Directeur général, voit s'envoler son espoir de devenir président de la république.
A la tête de cette institution mondiale, ses compétences économiques sont reconnues, même si des voix s'élèvent contre
lui pour sa mauvaise gestion de la crise grecque. En effet, la cure d'austérité que le F.M.I impose au peuple hellénique
est contestée : le prêt accordé ne suffit pas et la Grèce continue de s'enfoncer dans une crise durable. Les sympathisants de
D.S.K. - comme il est appelé - voyaient en lui le digne représentant d'une nouvelle Gauche au pouvoir
en 2012, mais
catastrophe : il est accusé d'avoir agressé une employée de l'hôtel Sofitel qu’il s’apprêtait à quitter.
Les faits sont relativement graves puisque 7 chefs d'inculpation ont été prononcés à son encontre ! Emprisonné quelques jours,
contre toute attente, il a été libéré peu de temps après grâce à une énorme caution versée par sa richissime épouse Anne Sinclair, mais assigné à résidence et soumis à des conditions de sorties très restrictives. En clair, il est en liberté surveillée.
Compétent dans son domaine, habile, intelligent, homme d’expérience, D.S.K, souffre pourtant d'une pathologie bien embêtante :
l'addiction au sexe. Cette propension, reconnue implicitement par les médias, et certains de ses amis politiques, est souvent
présentée sous forme de métaphore : il est un séducteur… Cette inculpation annihile donc sa candidature aux primaires que va
organiser prochainement son parti pour élire la personne qui se présentera aux prochaines Présidentielles.
En 2008, la presse d’Outre Atlantique avait déjà fait état d'une relation sexuelle forcée avec une secrétaire bulgare du F.M.I.
L’affaire avait fait grand bruit, mais contre des excuses publiques, elle avait été étouffée... Cette fois le délit est beaucoup plus grave. Il met fin prématurément à son mandat de Directeur du FM.I et le met hors compétition dans la course à l’Elysée.  Voilà pour les faits.
L’affaire prend tellement d’ampleur en Amérique, que l’opinion publique française s’élève contre le traitement médiatique que la justice de ce pays tolère (ou souhaite). Il est vrai que la nôtre est beaucoup plus complaisante envers les privilégiés. D.S.K se prenait sans doute pour le roi du monde compte tenu de ses relations avec tous les chefs d'Etat... Il ne s’attendait pas à être traité comme un vulgaire trafiquant de drogue ou un voleur de voiture. Considéré comme un citoyen ordinaire, il sera une nouvelle fois blanchi.
En effet, il va être défendu par 2 des meilleurs avocats américains, payés royalement, là encore par son épouse.
Comme c’est souvent le cas, ces éminents juristes vont utiliser tous les artifices, user de stratagèmes plus ou moins tortueux, ou trouver des vices de forme pour décrédibiliser, voire déstabiliser la plaignante. Des agences privées enquêteront sur la passé de cette pauvre Guinéenne, femme de ménage dans ce Sofitel. Elle va être traînée dans la boue, sera rabaissée, déconsidérée. Sa vie va devenir un enfer. Elle sera qualifiée de mythomane, d’extravagante... La défense finira sans doute par lui
trouver une déficience mentale, des comportements anormaux, des relations douteuses... L'un de ses avocats, Benjamin Brafman, affirme déjà haut et fort que D.S.K. sera acquitté. Il faut savoir qu’il a obtenu plus de 80 % d’acquittements au cours de sa carrière !
Mais Dominique Strauss Khan a d’autres défenseurs, en France notamment. Des personnalités, et c'est plus révoltant, prennent clairement position en sa faveur
avant qu’il ne soit jugé. Robert Badinter, l'ancien Ministre de la Justice, Bernard Henry Lévy le philosophe,
Jean François Khan le journaliste et Jack Lang également, ancien ministre, estiment qu’il n'a pas pu commettre ce délit et mettent en avant la présomption d’innocence. Qu'en savent-ils ? Ils émettent de sérieux doutes quant aux allégations de la femme de ménage, probablement en mal de notoriété… Pire. Ils n’hésitent pas à parler de complot, de chantage, de machination… Incroyable ! Jack Lang allant même jusqu'à dire pour minimiser l'affaire : "il n'y a pas mort d'homme" !
Ils s’en remettent à la justice, qui favorise les nantis, comme chacun le sait. Et elle leur donnera raison.
Une telle affaire n’aurait jamais pu éclater en France. Qui aurait pris le risque d’arrêter et d’accuser une telle sommité ?
La complicité, la connivence, voir l’omerta chez la plupart des journalistes sont bien connues !
Alors, confortablement installé dans sa cage dorée, un luxueusement appartement loué 35000 euros par mois, D.S.K. attend
sereinement la retombée médiatique et le procès. Il va plaider non coupable et si d’aventure les choses ne tournaient pas à
son avantage, la possibilité d’un arrangement à l’amiable avec la femme de ménage reste toujours possible…En 2017, D.S.K
n’aura que 67 ans. Il faut préserver l’avenir. Devant les juges, ce sera paroles contre paroles. Faudra-t-il croire un homme
éminemment respecté et reconnu pour ses compétences économiques, ou aux allégations d’une femme de ménage, noire de
surcroît, qui apparemment est de bonne foi mais n'a que peu de moyens pour se défendre ? Une chose est sûre, un vieil adage
illustre bien la situation : selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendrons blanc ou noir
.

C. HOMBERT
Mai 2011