DADVIS, HADOPI… DU PIPEAU.

Après la loi DADVIS, adoptée en 2006, en voici une nouvelle, votée en 2009 : la loi HADOPI.
Ces lois ont pour but de sanctionner les personnes qui téléchargent illégalement de la musique ou des films sur internet.
Si le premier texte de loi avait la particularité d’être intransigeant, voir répressif, puisqu’il menaçait d’emprisonnement les
contrevenants, le second est plutôt dissuasif. Devant le scepticisme général, les députés l’ont néanmoins voté, bien qu’ayant
été repoussé une fois. Beaucoup de discussions et de débats pour rien, car ces deux textes de lois tomberont en désuétude.
C’est sous la pression de l’industrie du disque qu'ils ont vu le jour, uniquement pour la défendre, mais officiellement, pour
préserver la culture qui serait menacée paraît-il, s’il n’était pas mis un terme aux téléchargements illégaux des œuvres
musicales ou cinématographiques. Les artistes ne percevant plus de revenus liés à leur production, arrêteront de créer.
Ainsi, l’expression artistique et culturelle disparaîtrait !
Il faudrait être vraiment ignare pour penser un seul instant qu’internet puisse provoquer la volatilisation de la culture.
On doit sans doute prendre les citoyens pour des attardés. Qui peut croire une chose pareille ?
Depuis la nuit des temps, la culture a toujours évolué en fonction des époques, avec ou sans organisme de tutelle
ou de défense des intérêts des artistes. L’industrie du disque tente par tous les moyens de sauvegarder les monumentales
ressources que lui procurent ses laquais, les artistes de variété…. mais le combat est perdu.
Si la première loi d’interdiction existe, elle n’est pas appliquée. La deuxième va prendre le même chemin. En effet, comment
contrôler les plus de 4 millions de personnes qui téléchargent illégalement ? Ce chiffre est probablement supérieur,
mais peu importe, la structure Hadopi, instance qui sera chargée d’épier les mauvais internautes, devrait envoyer selon les
estimations, plus de 10000 lettres d’avertissement chaque jour ! Impensable ! En outre, c'est l'Etat qui va payer la colossale
note de ces avertissements...
Par rapport au texte de la première loi, après deux lettres d’avertissement, le contrevenant n’ira pas en prison, mais on lui
signifiera la coupure de sa connexion internet. Si plusieurs dizaines de milliers de clients n’accèdent plus à internet, les
fournisseurs d’accès ont des soucis à se faire…
Autre stupidité : les internautes utiliseront les nouveaux moyens techniques pour déjouer les contrôles. Pour cette raison,
la nouvelle loi va perdre sa crédibilité. Comme la première, elle tombera en désuétude.

Mais si on parlait maintenant de ces Majors qui s’enrichissent sur le dos des artistes. Des chanteurs connus reconnaissent
toucher un euro par disque vendu. Un CD pour un artiste contemporain est vendu plus de 15 euros en moyenne !
C’est donc plus de 14 euros que la maison de disque se met dans les poches. Certes, ces entreprises ont des frais d’édition,
d’enregistrement, de marketing, de fonctionnement, de distribution, mais il reste de la marge… Si le retour sur l’investissement
effectué sur un artiste qui n’a pas vendu plus de 50000 disques est nul, il n’en va pas de même quand un autre artiste
en vend 10 fois plus...
Autre absurdité : est-il normal qu’une maison de disque encaisse encore des royalties quand elle réédite l’œuvre
complète d’un interprète décédé depuis de nombreuses années, les ayants droit récoltant les miettes ?
Les artistes vivent de leur tournée et non des CD vendus. Dire que l’expression culturelle va disparaître parce que l’artiste
n’enregistrera plus, est une aberration. Au contraire, certains artistes pensent qu’internet est un moyen de promotion formidable...
au détriment des Majors, ces industriels du disque qui ne veulent pas prendre le virage numérique et s’adapter au nouveau
concept économique. Ils refusent par exemple la mise en place d'une licence globale.
Bien que n’étant pas un fanatique du téléchargement, il m’arrive comme beaucoup, d’aller parfois « piquer » une chanson
que je ne pourrais de toute façon pas trouver dans le commerce.
Pour les films, le téléchargement ne ralentit pas la fréquentation dans les salles de cinémas. Un bon exemple :
« Bienvenue chez les Ch’tis » a été vu par plus de 20 millions de spectateurs et pourtant, ce film a été le plus téléchargé.
Conclusion : plus le film a du succès, plus on va le voir au cinéma et plus on le télécharge. Inversement, un « navet » qui
n’attire pas les foules, n’aura pas les faveurs des internautes…
Dernier constat : les adultes devraient écouter avec plus d’attention les adolescents de 12/16 ans. Ils ne leur viendront jamais
à l’idée d’acheter un CD, sachant qu’on trouve sur Donkey, Emule ou Bit torrent, You Tube, la musique qu’ils recherchent...
et ce, gratuitement.
La culture perdurera, comme la croissance de la production musicale ou cinématographique. Il y aura toujours des talents
émergents désireux de se faire connaître, sans passer par les Majors.
Comme le dit Jacques Attali, la loi Hadopi ne protège pas la culture, mais le revenu de quelques entreprises.

C. HOMBERT - Avril 2009