LA CHASSE AUX DINDONS

Les chasses, organisées par la maréchaussée, donnent des résultats terriblement efficaces. Les campagnes d’abattages
sont devenues de véritables concours organisés entre les commissariats ou les gendarmeries. Chez ces deux entités,
il semble
même qu’une certaine émulation soit née de cette nouvelle activité : qui rapportera le plus de gibier ?
Une nouvelle forme de chasse est née pour capturer les dindons. Tels des chasseurs traditionnels qui surveillent et attendent
patiemment leurs proies, les représentants de la force publique pratiquent la chasse par détection électronique.  
En effet, il faut savoir que la chasse aux dindons rapporte considérablement. Sur deux plans : l’un financier, l’autre professionnel.
Dans le premier cas, des sommes colossables viennent alimenter les caisses de l’Etat. Dans le deuxième cas, ces campagnes
de
chasses bien singulières, génèrent des primes au mérite pour leurs pratiquants, quand le rendement a été satisfaisant ou
que les objectifs ont été atteints.

Dans une chasse organisée, pour être certains de faire mouche à tous les coups, il est préférable de prendre un maximum de
précautions pour mettre toutes les chances de son côté. Une excellente solution, sournoise il est vrai, consiste à utiliser des
moyens pas très loyaux. Par exemple, lors d’une partie de chasse aux faisans, en général privée, les chasseurs utilisent une
méthode très efficace
pour être sûr d’atteindre leur cible : ils endorment la veille les volatiles en leur mettant la tête sous les ailes,
puis en les faisant
tourner, afin d’atténuer leur acuité visuelle et de leur sens de l’orientation. Le lendemain, à peine éveillés,
ils sont lâchés, à demi conscients,
dans une forêt ou un bois en général, les chasseurs n’ayant plus qu’à les tirer.
Aucun n’en réchappe. Un carnage !

Pour les dindons, c’est un peu la même chose. A la différence que le fusil n’est pas l’arme fatale. Les giboyeurs utilisent un
détecteur de vitesse, communément appelé radar !
Pour piéger les dindons, ces chasseurs d’un nouveau genre, placent l’appareil à la sortie d’une agglomération, plus précisément
près du panneau indiquant la fin de celle-ci. Panneau en général disposé 2 à 300 mètres après les dernières habitations.
A l’inverse des chasseurs traditionnels qui opèrent au vu de tous, les traqueurs, établissent au préalable leur camp de base dans
un lieu discret, protégé des regards. Puis, quand le dispositif de détection est mis en place, le signal est donné. Il n’y a plus qu’à
capturer les dindons sur l’espace d’accueil créé préalablement.
Pour les forces de l’ordre, il s’agit de parties de chasse courantes, entrant dans le cadre d’opérations coup de poings destinées
à améliorer la sécurité publique et à réduire le nombre d’accidents.
Si les limitations de vitesse ont pour objet de réduire le nombre d’accidents, celles-ci ne sont malheureusement pas toujours
contrôlées au meilleur endroit. Au lieu d’installer « le fusil électronique » en pleine agglomération, voire sur certains tronçons de
route dangereux où il arrive souvent de constater des vitesses excessives pouvant engendrer de graves accidents, les forces
de l’ordre préfèrent pratiquer les traques sur des segments de route où il est vrai, un léger excès de vitesse est parfois constaté,
mais sans vraiment de conséquence sur le plan de la sécurité routière. Alors quelle tranquillité pour les chasseurs !
Ils peuvent ainsi opérer tranquillement.
S’il est facile d’appréhender les dindons, il est par contre plus fastidieux de remplir les procès verbaux. Aussi, pour éviter ces
formalités administratives, je suggère à cette nouvelle race de chasseurs une idée : utiliser un lecteur optique pour enregistrer
le délit automatiquement dans la base de données située à Rennes.
Cette procédure présenterait un autre avantage : dégager du temps pour améliorer leur rendement et enrichir encore plus
les caisses
de l’Etat...
Au fait, vous aviez devinez qui étaient les dindons j'espère ? 

C. HOMBERT - Mai 2008