LE PRODIGIEUX MARCHE DE L’ACCES A LA COMMUNICATION

Dernièrement, je lisais dans le quotidien « Rue 89 », un article relatif à la plainte déposée par France Télécom contre
la mairie de Paris, au motif qu’une collectivité ne pouvait intervenir sur un marché et gérer un réseau public de télécommunications.
Le premier opérateur français de la téléphonie conteste les connexions wifi (sans fil) offertes gratuitement aux Parisiens dans près de 400 points de la capitale. Ils sont situés en général près des parcs, des musées, des bâtiments publics et sur le parvis de
l'hôtel de ville notamment.
Bien entendu un appel d’offre avait été lancé. SFR et Alcatel Lucent ont remporté le marché au grand dam de France Télécom.
La mesure de Bertrand Delanoë coûtera cher aux contribuables Parisiens. On parle de 2 millions d'euros d'investissement de
départ, puis une somme supplémentaire de 500 000 euros chaque année pour assurer les frais de fonctionnement du réseau.
Mais qu’importe, la capitale peut bien faire un effort !
Après, avoir considérablement augmenté le prix des abonnements téléphoniques pour compenser une perte de plus en plus inquiétante, correspondante aux ressources qui ne sont plus générées par les communications, France Télécom, au travers de sa filiale Orange,préfère maintenant changer de stratégie en s’assurant de nouveaux et confortables revenus fixes, relatifs aux abonnements mensuels d'accès à Internet. Il faut dire que le marché pour l’accès à l’information est prodigieux, car il nécessite obligatoirement la souscription d’un abonnement. L’opérateur historique voit donc d’un mauvais œil la décision prise par Bertrand Delanoë d’accorder gratuitement des connexions Wifi.
Il craint un manque à gagner bien sûr, mais également, des résiliations d’abonnement au téléphone en cascades. France Télécom se plaît à rappeler qu’il emploie plus de 100000 personnes !
Il y a bien longtemps que dans tous les squares de New York, ses habitants où les personnes de passage dans la grande cité,
utilisent les connexions Wifi pour envoyer gratuitement des mails.
Alors le marché du Wifi gratuit à Paris va-t-il  ébranler Orange, qui en outre doit faire face à la concurrence agressive de ses
concurrents que sont Neuf, Alice et Télé2 ?
Les actionnaires de ces entreprises, qui fournissent des accès internet peuvent se frotter les mains : le marché, sans véritable
concurrence, représente des ressources considérables. Comme les abonnements au téléphone portable, les ventes de forfaits
internet, représentent des revenus réguliers, non soumis aux aléas et aux incertitudes des marchés. Une prodigieuse ressource
financière donc, avec des investissements rapidement rentabilisés.
Il y a peu de temps, les Français boudaient Internet. Aujourd’hui, plus d’un sur deux possède une connexion. Demain, comme au
Canada, comme aux USA, ce sera 80% de la population française qui se connectera au web. Les opérateurs l’ont bien compris,
mais comme d’habitude, avec 10 ans de retard sur nos amis américains ou canadiens : les évolutions technologiques se heurtent
toujours aux réticences au progrès et aux conservatismes.
En 1998 on trouvait ridicule, voire snob de posséder un téléphone portable. Objet de railleries, il est aujourd’hui devenu le compagnon indispensable de tout un chacun.
Il faut maintenant espérer que le succès d’Internet, ne donne pas l’envie à nos politiques d’instaurer des taxes sur les accès à ce
merveilleux outil de communication qui ouvre les portes du savoir et des connaissances.
A l’heure où l’on parle de la baisse du pouvoir d’achat, le coût de l’accès à internet n’est pas prêt lui de diminuer...
 

C. HOMBERT
Mars 2008