LA SPIRALE INFERNALE

Dernièrement, dans une revue de programmes TV, je me suis amusé par curiosité, à compter le nombre d’encarts publicitaires
des établissements proposant des crédits à la consommation. J’en ai compté huit !
Après tout, quoi de plus normal, quand on a des besoins en équipements, de faire appel au crédit. Les jeunes ménages qui
s’installent dans la vie, sont en général séduits par ces propositions souvent alléchantes…
Mais ces offres peuvent s’avérer être un miroir aux alouettes, car il arrive parfois que les conséquences d’une multiplication
des crédits, peuvent se transformer en véritable cauchemar.
En effet, tout individu peut contracter autant de crédits qu’il le souhaite sans être interdit par un organisme officiel
(sauf si un dossier de surendettement est déposé à la banque de France). Il est alors tentant, pour des personnes imprévoyantes
et qui en général n’ont aucune notion de gestion budgétaire, même élémentaire, de dépenser au fur et à mesure, l’argent du foyer.
Si l’on ajoute à cette carence, la non culture de l’épargne, aussi minime soit-elle, il est difficile dans ces conditions, de
sensibiliser les personnes aux conséquences dommageables de la multiplication des crédits qui peut provoquer le surendettement.
C’est si facile d’entrer dans cette spirale : un simple appel téléphonique, en général gratuit, permet d’obtenir rapidement un crédit
à la consommation.
Toutes les entreprises privées, les collectivités territoriales, l’Etat, ont recours aux emprunts. Emprunts nécessaires pour investir
dans la réalisation d’infrastructures ou d'équipements publics, afin de dynamiser les différents secteurs d’activités, développer
l'économie et ainsi, créer de la richesse, donc de l’emploi.
S’il est donc indispensable d’emprunter, il faut s’assurer que les taux d’endettement n’atteignent pas des proportions inquiétantes
pour ne pas obérer ou mettre en péril un budget. L’Etat ne donne malheureusement pas l’exemple, puisque son déficit
cumulé atteint la somme faramineuse de 1.177.845.400.000 d’euros (au 15 octobre 2007) ! Les générations futures
rembourseront cette dette qui résulte des déficits budgétaires antérieurs, reportés d’année en année.
Le citoyen lambda ne peut se permettre d’adopter ce mode de gestion invraisemblable et penser que quelqu’un d’autre
remboursera sa dette… C’est de l’irresponsabilité !
Comme aucune réglementation n’interdit de contracter plusieurs prêts simultanément ou en chevauchement, beaucoup de
personnes se retrouvent ainsi endettées.
Autre attractivité des sociétés de crédits qui avancent des arguments pour le moins séduisants : les liquidités accordées
peuvent se monter à 5000 euros ! Ce crédit permanent, que l’on appelle crédit « revolving », permet de financer les achats de
son choix. En outre, il est remboursable en 60 mensualités ! Tentant non ?
Et pour récompenser un nouveau client, la première mensualité est remboursable 3 mois après l’obtention du crédit.
Un grand établissement de crédit se targue même d’avoir un fichier de plus de 7,7 millions de clients emprunteurs, bien entendu
tous satisfaits… Alors pourquoi hésiter. Le crédit, n’est pas fait pour les chiens !
Si le recours à l’emprunt est une nécessité importante dans le cadre d'une gestion budgétaire, un excès  d’endettement conduit
souvent à la catastrophe, au désastre...
Autre séduction : les sociétés financières ou banques se proposent de noyer encore plus les surendettés en leur proposant
de regrouper les crédits contractés en un prêt unique. L’argument mis en avant est imparable : le montant des mensualités
de remboursement sera ainsi diminué d’une manière significative et comble de l’hypocrisie, ces sociétés de crédits
affirment que l’emprunteur va de nouveau pouvoir épargner !
En laissant croire que l’on peut faire des économies en diminuant les montants mensuels, elles font abstraction du nombre
des mensualités de remboursement, qui lui, sera augmenté. La présentation est fallacieuse mais qu’importe, dans un an ou
deux, si la personne est de nouveau en difficulté, un autre regroupement de crédits lui sera à nouveau proposé.
La spirale infernale quoi ! A ce rythme, les enfants hériteront de l’endettement inconscient de leurs parents.

C. HOMBERT - octobre 2007