UNE IDEOLOGIE D’UN AUTRE AGE

Créé en 1920, le Parti communiste est  l’aboutissement de la scission des membres de la S.F.I.O. Une majorité  souhaitait  adhérer  à l’Internationale  Communiste,  le parti  révolutionnaire de Staline.
Totalement subordonné à celui de l’URSS, (qui  lui assurait son financement et sa logistique), le Parti Communiste
représentait une force importante dans l’espace politique français.
Des dissensions internes ont jalonné la vie de ce mouvement. Quelques années après sa création,  la fonction de secrétaire est supprimée et est  rétablie en 1935. C’est ainsi que  Maurice Thorez devient le premier secrétaire général de l’après guerre.
L’année suivante, socialistes et communistes se mettent d’accord pour former  la première entente de la Gauche. Ils  un programme commun de gouvernement. Le Front Populaire remporte les élections. Les élus communistes siégeant à
l’Assemblée sont au nombre de 72 !

C’est à la Libération,  que le Parti Communiste connaîtra son apogée avec 29% des suffrages. Des ministres communistes participeront d’ailleurs à différents gouvernements.
Si ce parti défend  la classe ouvrière, il est également un parti patriotique : en 1939, bon nombre de ses sympathisants sont entrés dans la résistance pour lutter contre l’envahisseur allemand. Des actions héroïques sont à mettre à leur actif.
En 1964, Waldeck Rochet remplace Maurice Thorez. Puis, se succéderont d’autres secrétaires : Georges Marchais en 72, Robert  Hue en 94 et enfin, Marie-Georges Buffet en 2001. Elle est toujours en poste actuellement.
Lentement et inexorablement, l’influence du Parti diminue. En 1976, il décide de ne plus faire référence au modèle soviétique, car il sent bien que les relations privilégiées avec le Parti communiste soviétique lui sont préjudiciables. Les Français
n’apprécient pas cette allégeance

En 1972, les communistes espèrent bien redorer leur blason en signant avec les socialistes un accord sur un programme commun de Gauche. Berné par François Mitterrand, le Parti Communiste dénoncera le programme commun six ans plus tard.
Mais rien n’y fait, l’érosion perdure. Les résultats des  premiers tours des Présidentielles  en témoignent : Georges Marchais obtient  15% des voix en 1981. André Lajoinie obtient 6,75% des suffrages en 88. Robert Hue en 95, rassemble sur son nom moins de 4%. Enfin, Marie-Georges Buffet recueille moins de 2% de voix en 2007. Les sièges  des communistes à l’Assemblée se réduisent comme une peau de chagrin.
Le parti communiste est maintenant devenu un parti marginal. Il est même dépassé par la L.C.R. (Ligue Communiste

Révolutionnaire), dont le discours séduit la classe ouvrière. En outre, son engagement est plus radical, sans compromission avec d’autres partis.

Le communisme vantait autrefois l’économie d’état, aujourd’hui cette idéologie est devenue obsolète. Les Partis Communistes du monde entier se font rares et ceux qui existent, sont bien loin de prôner la doctrine du collectivisme : ils sont de fervents adeptes de l’économie de marché !

Cet idéalisme se limite maintenant à la défense des exploités, même si  l’espérance de voir disparaître les profiteurs et les exploiteurs est bien mince. Depuis le temps que le monde existe, rien n’a vraiment changé. Peut-être une meilleure justice sociale ? Sujet sensible soumis à controverses…
La dualité capitalisme et collectivisme n’existe plus. Seule l’économie de marché prévaut. Il faut bien admettre que le système économique basé sur le capital privé, créé de la richesse, donc du travail et même si cela peut paraître contradictoire, en
supprime également. Pratiquement, tous les pays adhèrent à ce postulat.

Mais ce libéralisme n’est malheureusement pas encadré. Le capitalisme est de plus en plus sauvage et débridé. Il ne respecte aucune règle, aucune déontologie. Sans le remettre en cause,  il est nécessaire de  créer des règles, communes à tous les pays, si l’on ne veut pas que les nantis soient encore plus riches et les pauvres encore plus pauvres.
Il y a 50ans, il fallait attendre l’ordre des autorités compétentes soviétiques pour aller faucher un champ de blé.
C’était l’époque du collectivisme. Aujourd’hui, il ne faut pas d'autorisation pour délocaliser la fabrication de biens d’équipements vers les pays asiatiques ou africains. Le dogmatisme a fait place au pragmatisme.

C. HOMBERT
Juin 2007