LA DEMOCRATIE EN MARCHE

Du jamais vu en Iraq : une partie de la population applaudissant les forces américaines, patrouillant dans les rues de certaines grandes villes pour veiller au bon déroulement des élections. Il faut dire que ces élections allaient mettre définitivement un terme à la dictature et permettre au peuple de ce pays, d’entrevoir les prémices de la démocratie.

Les irakiens ont été amenés à s’exprimer librement pour élire leurs parlementaires. Les élus auront pour mission première, de rédiger une nouvelle constitution, étape indispensable au long processus de normalisation.
Après donc une très longue période d’autocratie imposée par le défunt (enfin presque !) Saddam Hussein, voici enfin venu pour l’Irak, le temps de sa reconstruction avec pour corollaire, l’établissement de nouvelles règles, de nouvelles lois démocratiques, depuis bien longtemps abolies. Le peuple iraquien libéré, de la tyrannie et de l’oppression, va enfin pouvoir se prononcer sur son avenir et continuer à écrire son Histoire.

Malgré les menaces d’attentats proférées par les terroristes, plus de 59 % des citoyens se sont rendus aux urnes pour signifier un fort désir de changement. Il leur aura d’ailleurs fallu beaucoup de courage et de volonté pour surmonter leur peur face aux menaces d’attentats terroristes.

Retrouver les libertés individuelles, pouvoir à nouveau entreprendre, travailler, s’exprimer librement… il y a bien longtemps que les irakiens étaient privés de ces droits essentiels.

Le succès des élections a été incontestable. La forte affluence des électeurs aux urnes, constatée par les observateurs internationaux, traduit la volonté de tout un peuple de vivre dans un pays libre et autonome.

Ce succès est un véritable camouflet pour les organisations terroristes, résolument opposées à la mise en place d’un processus démocratique.

Ce premier pas vers la normalisation, n’arrêtera pas les actions de destruction et les attentats visant aveuglément les forces alliées et les civils et il faudra encore du temps pour que le cycle de la violence cesse. Chaque pays a son Histoire : la révolte des peuples, désireux de conquérir sa liberté, s’obtient malheureusement dans le sang.

Les Chiites qui ont remporté pratiquement la moitié des sièges au Parlement, sortent grands vainqueurs de ces élections. L’entente et l’harmonie entre les chiites, les sunnites et les kurdes, seront difficiles à obtenir et il faudra beaucoup de diplomatie et de compromis pour rassembler des peuples qui se querellent depuis des décennies. Ajouté à cela, le désir de revanche des Kurdes qui ont payé un lourd tribu, lors des terribles répressions et des exactions commises par les forces armées de Saddam Hussein.

Après tant d’années de dictature et d’oppression, le peuple irakien mérite bien lui aussi de vivre en paix, dans une Iraq libre, ce pays qui possède tant de richesse….

Pourtant l’élaboration d’une constitution ne sera pas facile à rédiger tant les désaccords entre les mouvements chiites, kurdes et sunnites sont profonds.

Un des premiers articles de cette constitution, qui portera sur la répartition équitable du nombre de députés, en fonction de leur appartenance religieuse ou confession, risque d’être laborieux à rédiger. Par contre, la fixation des règles d’élection au suffrage universel d’un Président, le sera un peu moins.

Après 50 ans de dictature et d’oppression, il faut espérer que le peuple irakien retrouve maintenant la liberté et une paix légitime. Ce sera la victoire d’un peuple.

Que doit penser dans sa cellule le tyran emprisonné à vie ?

C. HOMBERT

Février 2005